Le Livre de Mormon vient-il de Dieu ?
NB : Les références bibliques sont tirées de la version Louis Segond, version revue 2020 par les Éditions du Centre d’Enseignement Biblique, Éditions C. E. B. 4806 Trousdale Dr, Nashville, TN 37220 USA
Comment distinguer la vérité de l’erreur ? Comment savoir quelle religion est la bonne ? Faut-il se fier à des inclinations et des sentiments subjectifs ? Ou bien la vérité religieuse est-elle déterminable et connaissable sur la base d’une évaluation objective ? La plupart des religions (comme le bouddhisme et l’hindouisme) fondent leur crédibilité sur une expérience mystique ou transcendantale. Même certains groupes « chrétiens » (comme les pentecôtistes, les presbytériens, les méthodistes, les baptistes, etc.) prétendent que leur crédibilité et leur authenticité peuvent être établies sur la base du Saint-Esprit qui, selon eux, leur donne leur assurance. Mais lorsqu’on examine la Bible, aucun rôle de ce type n’est attribué au Saint-Esprit. Les religions mystiques ont toujours existé et ont prétendu être les récipiendaires de conseils et de guidance de forces supérieures qui sont « mieux ressenties que dites ». Le Dieu de la Bible, en revanche, a toujours offert des preuves – des démonstrations – de l’origine divine du message avant d’attendre que les gens croient (par exemple, Jean 10:37-38 ; 20:30-31 ; 1 Thessaloniciens 5:21 ; 1 Jean 4:1 ; Deutéronome 18:21-22).
La nature de la vérité est telle qu’elle ne dépend pas de l’expérience humaine subjective pour sa véracité. Au contraire, Dieu a créé les êtres humains avec des esprits conçus pour fonctionner rationnellement. Nous, humains, avons la capacité, si nous gardons un cœur honnête et libre de tout préjugé, d’examiner et de peser les preuves, et de tirer des conclusions correctes. Comme Jésus l’a dit : « Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres » (Jean 8:32). La certitude des affirmations religieuses est vérifiable sur la base des preuves et de la pensée rationnelle. Les humains peuvent raisonner logiquement et distinguer le vrai du faux.
PAS D’ABSURDITÉS NI DE CONTRADICTIONS ?
La nature de la vérité est telle qu’elle ne se contredit pas. Après littéralement des siècles d’examen minutieux par des sceptiques hostiles et des critiques incrédules, la Bible s’est révélée parfaitement cohérente avec la nature de la vérité, de la logique et des lois de la pensée. D’autre part, les documents non inspirés ne peuvent pas résister à un tel examen. Le Livre de Mormon est un de ces documents. Il manque des marques d’inspiration qui caractérisent la Bible. Dans une publication officielle des mormons (Saints des Derniers Jours), 31 conditions sont identifiées comme nécessaires pour produire un livre inspiré. La condition n° 9 stipule : « Vous ne devez pas faire de déclarations absurdes, impossibles ou contradictoires » (voir « The Challenge… », 1990, p. 1). Cette affirmation est une vérité évidente. Pourtant, le Livre de Mormon est coupable de violer ce critère même.
Tout d’abord, une grande partie de la Bible du roi Jacques (King James Version) a été reproduite mot pour mot dans le Livre de Mormon – au moins 25 000 mots. Par exemple, Mosiah 14 est une reproduction d’Ésaïe 53. 3 Néphi 13:1-23 est simplement Matthieu 6:1-23. Moroni 7:45 est copié de 1 Corinthiens 13:4-7. Moroni 7:48 est 1 Jean 3:2. Moroni 10:8-17 est tiré de 1 Corinthiens 12:4-11. Alma 5:52 est Matthieu 3:10. 2 Néphi 14:1-3 est Ésaïe 4:1-3. L’auteur du Livre de Mormon avait manifestement devant lui une copie de la Bible King James, et en a simplement copié de nombreuses sections directement. Mais ce n’est là que la moitié du problème sur ce point. La Bible du roi Jacques (King James Version) est une traduction non inspirée de manuscrits hébreux et grecs en anglais du début du XVIIe siècle, achevée en 1611. Mais Dieu a donné l’Ancien Testament aux Israélites dans leur langue maternelle (hébreu), et Il a donné le Nouveau Testament au premier siècle dans la langue commune de l’époque (grec). Question : pourquoi diable Dieu donnerait-Il Sa Parole à Joseph Smith dans l’Amérique du XIXe siècle (1830), non pas en anglais américain, mais en anglais britannique du XVIIe siècle ? La réponse évidente à la question est que Dieu ne le ferait pas. Cette absurdité est incompatible avec la nature de Dieu.
La reproduction d’une grande partie de la version de la Bible du roi Jacques (King James Version) dans le Livre de Mormon soulève quatre préoccupations supplémentaires.
Premièrement, les mormons tentent fréquemment d’établir la supériorité du Livre de Mormon sur la Bible en insistant sur le fait que la Bible a été corrompue au fil des siècles lors du processus de traduction (une affirmation similaire à la défense du Coran par l’islam). Mais si la Bible a été si négativement affectée, pourquoi le Livre de Mormon cite-t-il autant la version de la Bible du roi Jacques (King James Version) ? Apparemment, au moins ces parties de la Bible doivent être considérées comme exactes !
Deuxièmement, tous les critiques textuels (ceux qui étudient les preuves manuscrites originales qui attestent du texte du Nouveau Testament) savent qu’il existe des variantes textuelles dans les manuscrits existants. La grande majorité de ces lectures discordantes sont résolues lorsque l’ensemble des preuves textuelles est pris en compte (par exemple, Metzger, 1968, p. 185). Si le Livre de Mormon était inspiré, non seulement il s’abstiendrait d’incorporer la version de la Bible du roi Jacques (King James Version) dans ses pages, mais il n’inclurait pas non plus dans ces sections les erreurs manuscrites qui se sont glissées dans le texte. Voici donc l’occasion parfaite en 1830 pour Dieu de corriger les erreurs accumulées au cours des 200 années précédentes (ainsi que les 1 500 années antérieures à la Bible du roi Jacques (King James Version)). Au lieu de cela, les erreurs ont été perpétuées !
Par exemple, plusieurs variantes textuelles apparaissent dans Matthieu 6, un chapitre reproduit dans 3 Néphi 13. En Matthieu 6:4, le Textus Receptus (le texte grec sur lequel la Bible du roi Jacques (King James Version) était basée) contenait les mots « lui-même » et « ouvertement ». Ces insertions ont été perpétuées par l’auteur du Livre de Mormon dans 3 Néphi 13:4, de même que le mot « ouvertement » aux versets 8 et 16 de Matthieu 6 (et 3 Néphi 13). De même, l’attribution trinitaire en 3 Néphi 13:13 et Matthieu 6:13 dans la Bible du roi Jacques (King James Version) (« Car à toi appartiennent le royaume, la puissance et la gloire, pour toujours. Amen ») n’est pas soutenue par les témoins manuscrits les plus anciens et les plus importants du texte du Nouveau Testament. Les traductions ultérieures, y compris la Bible American Standard Version (ASV), omettent complètement la phrase ou, dans le cas de la New American Sstandard Bible, la mettent entre crochets. Les preuves manuscrites ne soutiennent tout simplement pas ces ajouts comme étant dans l’autographe original inspiré, rédigé par Matthieu. De nombreux autres exemples du même type de faux pas peuvent être cités. Celui qui était responsable de la production du Livre de Mormon dans ces cas a incontestablement (1) utilisé la Bible du roi Jacques (King James Version) et (2) démontré son ignorance de la critique textuelle.
Troisièmement, en plus des erreurs dues aux variantes textuelles, la Bible du roi Jacques (King James Version) a également commis des erreurs grammaticales et stylistiques qui ont été naïvement copiées par le Livre de Mormon. Par exemple, en hébreu, les noms masculins singuliers sont changés au pluriel en ajoutant « im » (prononcé « eem ») – l’équivalent de « s » ou « es » en anglais. Les mots hébreux « chérubin » et « séraphin » sont des noms singuliers. Les formes plurielles de ces mots sont « chérubins » et « séraphins ». Les traducteurs de la Bible du roi Jacques (King James Version) ont ajouté à tort un « s » à ces termes pour indiquer une forme plurielle (par exemple, Genèse 3:24 ; Exode 25:18,19,20,22 ; Esaïe 6:2,6 ; Hébreux 9:5). Faisant allusion aux chérubins, Clarke a expliqué : « Ajouter un s à ce mot lorsque nous introduisons de tels mots en anglais est très incorrect ; par conséquent, le mot devrait être écrit chérubins, pas chérubims » (nd, 1:56, italiques dans l’original ; cf. Lewis, 1991, p. 59). Pourtant, le Livre de Mormon original de 1830 reproduisait la même erreur que la Bible du roi Jacques (King James Version) à cet égard (Alma 12:21 ; 42:2,3 ; 2 Néphi 16:2,6), bien que des corrections aient été apportées dans les éditions ultérieures. L’observateur impartial est forcé de conclure : Dieu connaît l’hébreu ; l’auteur du Livre de Mormon, manifestement, non.
Un autre exemple d’erreur de style est l’emploi de l’expression « il arriva ». Cette expression est un sémitisme, ou hébraïsme, c’est-à-dire une particularité idiotique de la langue hébraïque sans équivalent direct en anglais. Les traductions plus récentes l’omettent complètement ou la rendent par un équivalent anglais approximatif comme « cela advint » ou « cela se passa ». La King James Version (KJV) a simplement transféré le sémitisme directement en anglais et, sous son influence, a fait naturaliser l’expression dans le langage religieux anglais. Néanmoins, ce n’est pas un idiome originaire de l’anglais. Le Livre de Mormon est littéralement inondé de cette expression, comme si l’auteur avait délibérément tenté de donner à son écriture un son biblique ou divinement authentique. En réalité, il lui donnait involontairement un son sémitique en anglais du XVIIe siècle ! Or, Dieu n’aurait pas communiqué avec les Américains en 1830 par le chemin détourné de l’hébreu vers l’anglais britannique du XVIIe siècle, puis vers l’anglais américain du XIXe siècle. De même, les peuples des périodes historiques spécifiques que le Livre de Mormon prétend décrire (par exemple, les Néphites) n’auraient eu aucune raison terrestre de parler eux-mêmes hébreu, ni de voir leur histoire rapportée dans une phraséologie hébraïque et un idiome sémitique. Apparemment, les autorités mormones ultérieures, incapables d’éradiquer complètement cette caractéristique stylistique en raison de sa fréquence élevée, étaient néanmoins si mal à l’aise avec l’abus de la phrase qu’elles en ont supprimé certaines occurrences lorsqu’elles étaient utilisées en proximité immédiate les unes des autres. Par exemple, dans Alma 14:7, le Livre de Mormon original contenait trois occurrences de « il arriva » – dans le même verset ! Les éditions actuelles n’en contiennent qu’une seule.
Quatrièmement, dans 3 Néphi 20:23-26, Jésus est présenté comme le locuteur, et Il applique à Lui-même la prophétie que Moïse fit dans Deutéronome 18:15, 18-19. Pourtant, l’auteur du Livre de Mormon s’est incontestablement appuyé sur Actes 3:22-26, où Pierre paraphrase le passage de Deutéronome, puis ajoute ses propres commentaires. Le Livre de Mormon attribue faussement à Jésus les commentaires ajoutés par Pierre comme s’ils faisaient partie des paroles de Moïse dans Deutéronome.
Outre les absurdités et contradictions qui existent au sein du Livre de Mormon dans sa forte dépendance à la Bible du roi Jacques (King James Version), des contradictions existent également au sein et entre les écritures mormones elles-mêmes. Considérez, par exemple, la grave contradiction dans la promulgation de la polygamie. Le Livre de Mormon condamne sans équivoque la pratique des mariages multiples :
Mais la parole de Dieu me charge à cause de vos crimes plus grossiers. Car voici, ainsi dit le Seigneur : Ce peuple commence à croître dans l’iniquité ; ils ne comprennent pas les Écritures, car ils cherchent à s’excuser de commettre des fornications, à cause de ce qui a été écrit concernant David, et Salomon son fils. Or, David et Salomon eurent vraiment plusieurs femmes et concubines, ce qui était abominable devant moi, dit le Seigneur… C’est pourquoi, moi, le Seigneur Dieu, ne permettrai pas que ce peuple fasse comme les anciens. C’est pourquoi, mes frères, écoutez-moi, et prêtez attention à la parole du Seigneur : Car aucun homme parmi vous n’aura qu’une seule femme ; et il n’aura point de concubines ; Car moi, le Seigneur Dieu, me réjouis de la chasteté des femmes. Et les fornications sont une abomination devant moi ; ainsi dit le Seigneur des armées (Jacob 2:23-24, 26-28 ; cf., 1:15 ; Éther 10:5 ; Doctrine and Covenants 49:16).
Ces versets cités du Livre de Mormon enjoignent la monogamie avec une vigueur sans compromis.
Or, le Livre de Mormon est en contradiction formelle avec celui intitulé Doctrine and Covenants (Doctrine et Alliances) sur ce point :
« En vérité, ainsi dit le Seigneur à toi, mon serviteur Joseph, que puisque tu as demandé de ma main de connaître et de comprendre en quoi moi, le Seigneur, j’ai justifié mes serviteurs Abraham, Isaac et Jacob, ainsi que Moïse, David et Salomon, mes serviteurs, concernant le principe et la doctrine de leur avoir plusieurs femmes et concubines – Voici, et voilà, je suis le Seigneur ton Dieu, et je te répondrai concernant cette question. Par conséquent, prépare ton cœur pour recevoir et obéir aux instructions que je vais te donner ; car tous ceux à qui cette loi est révélée doivent lui obéir. Car voici, je te révèle une alliance nouvelle et éternelle ; et si tu n’observes pas cette alliance, alors tu es damné ; car nul ne peut rejeter cette alliance et être admis à entrer dans ma gloire… David a également reçu plusieurs femmes et concubines, ainsi que Salomon et Moïse, mes serviteurs, ainsi que beaucoup d’autres de mes serviteurs, depuis le commencement de la création jusqu’à ce jour ; et en rien n’ont-ils péché, sauf dans les choses qu’ils n’ont pas reçues de moi. Les femmes et concubines de David lui ont été données par moi, par la main de Nathan, mon serviteur, et d’autres prophètes qui avaient les clés de ce pouvoir ; et en aucune de ces choses n’a-t-il péché contre moi, sauf dans le cas d’Uriah et de sa femme » (132:1-4, 38-39, mis en gras par l’auteur).
Deux contradictions graves sont évidentes. Premièrement, le Livre de Mormon condamne clairement le mariage plural comme l’un des « crimes les plus graves » et la « fornication » – du moins parmi les Néphites. Il désigne spécifiquement les mariages multiples de David et Salomon, les dénonçant comme une « abomination ». Pourtant, le livre Doctrine and Covenants (Doctrine et Alliances)insiste sur le fait que David et Salomon étaient entièrement justifiés et n’ont commis aucun péché en ayant plusieurs femmes et concubines. Si l’auteur (soi-disant Joseph Smith) du Livre de Mormon et du livre Doctrine and Covenants (Doctrine et Alliances)avait utilisé un autre vocabulaire, disant que Dieu avait ordonné le mariage plural à un moment de l’histoire, mais avait choisi de ne pas le prescrire à un autre moment de l’histoire, ou s’il avait dit que le mariage plural devait être pratiqué par certaines personnes au début de l’histoire mais pas par d’autres plus tard, alors il n’y aurait pas de contradiction. Par exemple, Dieu a ordonné le sacrifice animal dans l’Ancien Testament, puis l’a interdit dans le Nouveau Testament. Mais ce n’est pas ce que Joseph Smith a fait ! Il a spécifiquement identifié la polygamie de David et Salomon, puis a commis l’erreur de l’approuver et de la condamner ! Cela constitue une contradiction flagrante. Deux affirmations sont contradictoires lorsqu’elles ne peuvent être toutes deux vraies (cf. McGarvey, 1974, 3:31). [Remarque : Une autre indication du manque d’inspiration de Joseph Smith était son allusion dans la citation ci-dessus (Jacob 2:27) à un homme autorisé à avoir une seule femme, mais « pas de concubines ». Cette référence trahit une ignorance de l’utilisation de la terminologie biblique. Une « concubine » dans l’Antiquité était une épouse – et non une maîtresse (partenaire sexuelle non mariée) – malgré la conception populaire (cf. article de Victor P. Hamilton, « pilegesh », 1980, 2:724)].
Deuxièmement, le livre Doctrine and Covenants (Doctrine et Alliances) affirme que la pratique du mariage plural dans cette vie est une alliance éternelle. Le terme « éternel » tel qu’utilisé dans la Bible peut parfois être abrégé pour désigner une période de durée limitée (par exemple, Jonas 2:6). Cependant, lorsque des termes supplémentaires sont employés pour renforcer le sens principal de « pour toujours », une période abrégée est exclue. La terminologie utilisée dans le Livre de Mormon montre que « éternel », appliqué au pacte du mariage plural, était utilisé dans son sens ordinaire de « pour toujours ». Son application incluait toute la vie terrestre, puisque le texte dit que Salomon, Moïse et beaucoup d’autres l’avaient pratiqué « depuis le commencement de la création jusqu’à maintenant ». D’autres références confirment cette compréhension : « tant pour le temps que pour toute l’éternité » (D&A 132:7) ; « dans le monde » (D&A 132:15) ; « sur la terre » (D&A 132:46,48). Même Emma, la femme de Joseph Smith, reçut le commandement d’accepter les épouses supplémentaires données par Dieu à son mari (D&A 132:52). La section 132 du livre Doctrine and Covenants (Doctrine et Alliances) prétend avoir été révélée à Joseph Smith en 1843. Pourtant, 47 ans plus tard, le 24 septembre 1890, le président Wilford Woodruff émit une déclaration officielle sur la question :
« Nous n’enseignons pas la polygamie ou le mariage plural, et nous n’autorisons personne à le pratiquer…. Il n’y a rien dans mes enseignements à l’Église ou dans ceux de mes associés, pendant la période spécifiée, qui puisse raisonnablement être interprété comme inculquant ou encourageant la polygamie…. Et je déclare maintenant publiquement que mon conseil aux Saints des Derniers Jours est de s’abstenir de contracter tout mariage interdit par la loi du pays » (« Déclaration officielle – 1 » dans le livre Doctrine and Covenants (Doctrine et Alliances), 1981, pp. 291-292).
Dans des extraits de trois discours qu’il prononça sur ce manifeste, Woodruff expliqua que si les membres continuaient à pratiquer le mariage plural, les temples seraient confisqués par les autorités civiles, et la Première Présidence, les Douze et les chefs de famille seraient emprisonnés. Par contre, s’ils cessaient la pratique pour respecter la loi du pays, ils pourraient continuer à remplir les devoirs et ordonnances de l’Église (y compris le baptême pour les morts). Question : Pourquoi Dieu parlerait-il du mariage plural comme d’une pratique perpétuelle qui amènerait la damnation à ceux qui ne la pratiquent pas, puis demanderait aux Saints des Derniers Jours de s’abstenir de tels mariages ? Dieu est éternel et aurait su à l’avance que le gouvernement américain atteindrait un point où il demanderait des comptes à la pratique mormone du mariage plural. Par conséquent, Il n’aurait pas imposé l’exigence comme « éternelle » s’Il avait l’intention de cesser la pratique plus tard. De même, Dieu n’aurait pas retiré l’un de Ses « commandements éternels » simplement parce que la loi du pays établie par un gouvernement païen rendait le commandement illégal et mettait en œuvre la persécution ! À quel moment de l’histoire humaine Dieu s’est-il jamais soumis au gouvernement civil dans son opposition à Sa volonté ?
AUCUN CHANGEMENT?
Une autre affirmation légitime répertoriée dans « Le défi » est la condition n°10 : « Lorsque vous aurez terminé dans 60 jours, vous ne devez apporter aucune modification au texte. La première édition doit rester éternellement » (p. 1, mis en gras par l’auteur). « Houston nous avons un problème. » Les étudiants avertis de la Bible savent bien qu’il n’existe aucun autographe original de la Bible. Nous dépendons entièrement des copies des copies des copies. Ce n’est pas le cas du Livre de Mormon. La première édition imprimée originale de 1830 du Livre de Mormon existe ! Selon les paroles de Wilford C. Wood, président des saints des derniers jours, en 1958 : « Je témoigne que les feuilles non coupées de la première édition complète du Livre de Mormon ont été reproduites dans leur état original inchangé ; qu’il s’agit d’une restauration correcte et parfaite de la première édition du Livre de Mormon telle que reçue par Joseph Smith, le prophète, et imprimée à Palmyr, New York, en 1830 » (document préliminaire). Les autorités saintes des derniers jours ont affirmé à plusieurs reprises que le Livre de Mormon original ne contenait aucune erreur. En 1883, George Reynolds, membre du premier conseil des soixante-dix, déclara : « Cela a été fait grâce à l’aide divine » (p. 71). Reynolds fait référence au témoignage oculaire de Martin Harris, l’un des scribes qui ont participé avec Joseph Smith à la traduction du Livre de Mormon (p. 91). Joseph Smith prétend avoir trouvé des plaques d’or qu’il traduisit en anglais à l’aide d’un instrument connu sous le nom d’« Urim et Thummim » : deux pierres blanches reliées ensemble par un boîtier en argent, comparable à des lunettes. Smith tenait les pierres entre lui et les plaques d’or. En 1881, le sixième président de l’Église mormone, Joseph F. Smith, expliqua le processus de traduction (tel que rapporté par Oliver Huntington) :
Le Seigneur faisait apparaître sur les pierres, en courtes phrases ou mots, chaque mot orthographié comme dans le Livre, et lorsque Joseph avait prononcé la phrase ou le mot devant lui et que le scribe l’avait correctement écrit, cette phrase disparaissait et une autre apparaissait. Et s’il y avait un mot mal écrit ou même une lettre incorrecte, l’écriture sur les pierres restait là. Alors Joseph demandait au scribe d’épeler la lecture du dernier mot prononcé et ainsi trouvait l’erreur et, une fois corrigée, la phrase ou le mot disparaissait comme d’habitude (n.d., p. 168).
Cette procédure, qui garantissait une transcription complètement exacte, a été confirmée par David Whitmer. Whitmer, qui continue d’être listé dans les copies actuellement en circulation du Livre de Mormon comme l’un du trio constituant « Le Témoignage des trois témoins », décrivit le processus de traduction dans les termes suivants :
Je vais maintenant vous décrire la manière dont le Livre de Mormon a été traduit. Joseph Smith mettait la pierre voyante dans un chapeau et mettait son visage dans le chapeau, le tirant étroitement autour de son visage pour exclure la lumière ; et dans l’obscurité, la lumière spirituelle brillait. Un morceau de quelque chose ressemblant à du parchemin apparaissait, et sur celui-ci apparaissait l’écriture. Un caractère à la fois apparaissait, et en dessous se trouvait l’interprétation en anglais. Frère Joseph lisait l’anglais à Oliver Cowdery, qui était son scribe principal, et quand cela était écrit et répété à frère Joseph pour voir si c’était correct, alors cela disparaissait, et un autre caractère avec l’interprétation apparaissait. Ainsi, le Livre de Mormon a été traduit par le don et le pouvoir de Dieu, et non par aucun pouvoir de l’homme (Whitmer, 1887, mis en gras par l’auteur).
Compte tenu de la méthode particulière utilisée pour traduire les plaques d’or, le Livre de Mormon devrait être parfait. Pourtant, si l’on compare le Livre de Mormon original à une édition actuelle, on constate de nombreux changements depuis l’édition originale de 1830. Cette situation est totalement différente des traductions humaines de la Bible. Tous les traducteurs de la Bible sont dépourvus d’inspiration dans leur travail. Joseph Smith, en revanche, prétendait avoir été guidé surnaturellement dans la traduction du Livre de Mormon et préservé de toute erreur. Une explication officielle des erreurs grammaticales et de contenu de l’édition originale de 1830 est « les erreurs d’imprimerie ». Cette affirmation contredit évidemment celle du président Wilford, qui garantissait l’authenticité de l’édition de 1830 et incluait même dans sa reproduction un « mémorandum » d’un associé de l’imprimeur original, John Gilbert. Le mémorandum décrit le soin apporté à la précision de l’impression du manuscrit apporté à l’imprimeur par Hyrum Smith (le frère de Joseph), qui, avec Martin Harris, supervisa le projet. Ainsi, l’affirmation selon laquelle les « erreurs d’imprimerie » sont responsables des erreurs de l’édition originale de 1830 serait une explication plausible si elle correspondait aux faits, mais elle ne peut simplement pas expliquer le type d’erreurs contenues dans le Livre de Mormon, le genre d’erreurs que les imprimeurs ne font pas.
Considérez quelques-unes des plus de 4000 erreurs grammaticales corrigées dans les éditions suivantes. Le Livre de Mormon original de 1830, dans Jacob 7:24, disait : « mais tout était vain ». Alma 48:25 disait : « car la promesse du Seigneur était… ». Alma 53:5 disait : « il était facile de les garder ». 1 Néphi 5:11 disait : « Adam et Ève, qui étaient nos premiers parents ». Toutes ces erreurs ont été corrigées dans les éditions plus récentes.
Considérez également quelques-uns des nombreux changements apportés pour corriger des erreurs de contenu. Dans Mosiah 21:28, « Benjamin » a été remplacé par « Mosiah » (puisque le roi Benjamin était déjà mort à ce moment-là dans le récit – Mosiah 6:4-5). Dans Alma 37:21, « directeurs » a été remplacé par « interprètes ». Dans 1 Néphi 13:32, « blessure » a été remplacé par « état de cécité ». Dans Mosiah 27:29, « détruit » a été remplacé par « déchiré ». Dans Alma 13:20 et 41:1, « arrêter » a été remplacé par « arracher ». Dans Alma 17:13, « arrivant » a été remplacé par « arrivé ». Le titre original de 1830 indiquait Joseph Smith comme « Auteur et Propriétaire ». Maintenant, il est simplement « traducteur ». Dans 1 Néphi 20:1, la phrase « ou hors des eaux du baptême » a été insérée. Elle n’était pas dans l’édition originale de 1830.
Les imprimeurs transposent parfois des lettres, déforment un mot, insèrent la même ligne deux fois ou omettent un ou deux mots, peut-être une ligne ici et là. Mais les changements ci-dessus ne sont pas le genre d’erreurs que les imprimeurs font.
Une évaluation honnête et humble de ces divergences devrait susciter une grande inquiétude chez celui qui croit que les documents mormons sont inspirés. De nombreuses critiques ont été adressées à la Bible au cours des siècles, mais ont été résolument réfutées. Si le Livre de Mormon venait de Dieu, lui aussi pourrait être défendu et son authenticité divine prouvée. Cependant, l’absence d’explications adéquates pour clarifier de tels problèmes oblige la personne honnête à conclure que le Livre de Mormon et le livre Doctrine and Covenants (Doctrine et Alliances) ne viennent pas de Dieu.
Références bibliographiques
Book of Mormon (1981 reprint), (Salt Lake City, UT: Church of Jesus Christ of Latter-day Saints).
The Challenge the Book of Mormon Makes to the World (1990), (Euless, TX: Texas Fort Worth Mission).
Clarke, Adam (no date), Clarke’s Commentary: Genesis-Deuteronomy (New York: Abingdon-Cokesbury).
Doctrine and Covenants (1981 reprint), (Salt Lake City, UT: Church of Jesus Christ of Latter-day Saints).
Hamilton, Victor P. (1980), “pilegesh,” Theological Wordbook of the Old Testament, ed. R. Laird Harris, Gleason Archer Jr., and Bruce Waltke (Chicago, IL: Moody).
Huntington, Oliver B. (no date), Oliver Boardman Huntington Journals, 1842-1900 (Salt Lake City, UT: Utah State Historical Society).
Lewis, Jack P. (1991), The English Bible From KJV to NIV (Grand Rapids, MI: Baker), second edition.
McGarvey, J. W. (1974 reprint), Evidences of Christianity (Nashville, TN: Gospel Advocate Company).
Metzger, Bruce M. (1968), The Text of the New Testament (New York, NY: Oxford University Press).
Reynolds, George (1883), The Myth of the “Manuscript Found,” (Salt Lake City, UT: Juvenile Instructor Office).
Whitmer, David (1887), An Address to All Believers in Christ, [On-line], URL: http://www.irr.org/mit/address1.html.
Wood, Wilford C. (1958), Joseph Smith Begins His Work (Salt Lake City, UT: Deseret News Press).
REPRODUCTION & DISCLAIMERS: We are happy to grant permission for this article to be reproduced in part or in its entirety, as long as our stipulations are observed.