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Hébreux 10:22 et la Nécessité du Baptême

[Note de l’éditeur : Cet article est un extrait du livre de D. Miller, Baptism & the Greek Made Simple]

NB : Les références bibliques sont tirées de la version Louis Segond, version revue 2020 par les Éditions du Centre d’Enseignement Biblique, Éditions C. E. B. 4806 Trousdale Dr, Nashville, TN 37220 USA

Ainsi, frère et sœurs, nous avons par le sang de Jésus l’assurance d’un libre accès au sanctuaire. Cette route nouvelle et vivante, il l’a inaugurée pour nous à travers du voile, c’est-à-dire de son propre corps. De plus, nous avons un souverain sacrificateur établi sur la maison de Dieu. Approchons-nous donc avec un cœur sincère, une foi inébranlable, le cœur purifié d’une mauvaise conscience et le corps lavé d’une eau pure. Retenons fermement l’espérance que nous proclamons, car celui qui a fait la promesse est fidèle (Hébreux 10:19-23).

Outre les nombreux passages affirmant explicitement l’importance du baptême d’eau pour le salut, la grammaire d’Hébreux 10:22 apporte une confirmation supplémentaire. « Approchons-nous », ou comme le traduit le spécialiste du grec Kenneth Wuest, « continuons à nous approcher »1, est un verbe subjonctif présent moyen/passif utilisé pour l’exhortation – un “imperative subjectif.”2. Ce rapprochement de Dieu doit être accompagné d’un «cœur sincère et une foi inébranlable ». Le terme rendu par «une foi inébranlable» fait référence à un « état de certitude complète, de pleine confiance »3. Les destinataires du livre avaient déjà la foi (lorsqu’ils sont devenus chrétiens), mais ils devaient maintenant mûrir leur foi et la porter à un état plus complet d’assurance, de conviction et de certitude (surtout parce qu’ils avaient tendance à revenir à leurs conceptions juives)4. Cette exhortation est suivie de deux participes passés passifs5. Le parfait grec indique une « action terminée avec un état de résultat ». Les participes passés passifs décrivent une action qui est soit coïncidente, soit antérieure au verbe principal6. Par conséquent, les actions d’avoir été «purifié» et « lavés » se sont produites avant l’exhortation à « continuer à s’approcher de Dieu ». Comme Marcus Dods l’explique : « Ces participes n’expriment pas des conditions d’approche de Dieu qui doivent encore être atteintes, mais des conditions déjà possédées »7. Mounce transmet encore plus fortement l’essence du participe passé passif : « puisque nos cœurs ont été… »8. Les deux participes suivants renvoient donc au moment de leur conversion, lorsqu’ils ont eu accès au « sang de Jésus » (v. 19). Comme Carl Moll l’a noté dans ses commentaires sur le verset 22 : « Nous faisons ainsi référence au langage, non pas à la sanctification, mais à la justification sur la base d’une propitiation »9.

Le premier participe parle d’avoir eu « le cœur purifié d’une mauvaise conscience»10. Conformément au sujet d’Hébreux, la notion d’être « purifié » fait indubitablement écho à la pratique de la loi de Moïse consistant à asperger les personnes et les objets de divers liquides (y compris l’eau et le sang) à des fins de purification. Cependant, il est physiquement impossible d’asperger littéralement son cœur, son esprit et sa conscience. Par conséquent, l’auteur utilise un langage figuré. Mais comment/quand ont-ils « purifié leurs cœurs » ? La réponse réside dans le fait qu’avant de devenir chrétien, il faut changer de cœur et d’esprit, c’est-à-dire se repentir (Luc 13:3,5 ; Actes 2:38 ; 3:19 ; etc.). Le terme grec pour « repentance » signifie littéralement « changement d’esprit »11. Ainsi, l’auteur et les destinataires du livre des Hébreux sont venus à la foi en Christ, puis se sont repentis de leurs péchés. Si, au contraire, la« purification » ici fait référence au pouvoir purificateur du sang de Christ, le dessein du baptême reste le même, puisque les deux participes indiquent des actions coïncidentes. La première signification possible est intéressante car Romains 6 distingue la « mort » au péché qui se produit dans l’esprit du futur converti au moment de la repentance, de la mort spirituelle ou de la fin du péché qui se produit dans l’esprit de Dieu au moment de l’ensevelissement dans l’eau.

Le participe suivant, décrivant une action simultanée à la purification, ajoute « notre corps ayant été lavé d’une eau pure » (selon la traduction littérale de Wuest). Il est important de noter que l’emploi du terme « corps » (soma au singulier), et non pas « chair » (sarx), indique un lavage physique réel à l’eau, contrairement à l’utilisation figurative de la purification dans le participe précédent.12 La seule activité chrétienne impliquant l’application d’eau sur le corps est le baptême. Lenski affirmait que « le Nouveau Testament ne connaît qu’un seul lavage, le baptême ».13 Écrivant au XIXe siècle, Robert Milligan remarquait : « En effet, presque tous les grands exégètes s’accordent maintenant sur le fait qu’il y a ici une référence manifeste à l’ordonnance du baptême chrétien ».14 En résumé, dans Hébreux 10:22, l’auteur inspiré exhorte ses lecteurs chrétiens à continuer de s’approcher de Dieu, comme ils avaient commencé à le faire lors de leur première foi, de leur repentance et de leur baptême.

Une autre observation mérite attention : dans le verset suivant, l’auteur exhorte ses lecteurs à « retenir fermement la confession de notre espérance sans vaciller ». Le terme « confession » est le nom (homologian) du verbe « confesser ». Le Nouveau Testament déclare clairement que l’un des prérequis au salut initial/pardon, en plus de la foi, de la repentance et du baptême, est la confession orale (Romains 10:9-10). Macknight souligne à juste titre : « Dans cette exhortation, l’apôtre fait référence à la confession de leur espérance du salut par le Christ, que les premiers chrétiens faisaient lors du baptême ».15 Si c’est bien cette confession que l’auteur a en tête au verset 23, alors il fait allusion aux quatre prérequis du salut en deux versets : foi, repentance, confession et baptême.

Références bibliographiques

1 Kenneth Wuest (2002 reprint), The New Testament: An Expanded Translation (Grand Rapids, MI: Eerdmans), p. 529; Also R.C.H. Lenski (2001 reprint), The Interpretation of the Epistle to the Hebrews and of the Epistle of James (Peabody, MA: Hendrickson), p. 347.

2 William Davis (1923), Beginner’s Grammar of the Greek New Testament (New York: Harper & Row), p. 76; H.E. Dana and Julius Mantey (1955), A Manual Grammar of the Greek New Testament (Toronto: Macmillan), p. 171; Ray Summers (1950), Essentials of New Testament Greek (Nashville, TN: Broadman Press), p. 108).

3 Frederick Danker, rev. and ed. (2000), A Greek-English Lexicon of the New Testament and other Early Christian Literature (Chicago, IL: The University of Chicago Press), p. 827.

4 Voir la signification dans Colossian 2:2 et Hebrews 6:11, ainsi que la forme du verbe employé dans Romans 4:21, Colossians 4:12, et Romans 14:5.

5 Summers, p. 103; Davis, p. 156.

6 Davis, p. 157.

7 Marcus Dods (no date), “The Epistle to the Hebrews,” in The Expositor’s Greek Testament, ed. W. Robertson Nicoll (Grand Rapids, MI: Eerdmans), 4:346-347, emp. added.

8 Robert Mounce and William Mounce (2011), The Mounce Reverse-Interlinear New Testament (Grand Rapids, MI: Zondervan), emp. added. See also NCV and ISV.

9 Carl Moll (1870), The Epistle to the Hebrews (New York: Charles Scribner), p. 175, italics in orig.

10 Translated by Wuest, p. 529.

11 Danker, p. 640.

12 See Henry Alford (1874), Alford’s Greek Testament (Grand Rapids, MI: Baker, 1980 reprint), 4:196.

13 p. 350.

14 Robert Milligan (1950), The New Testament Commentary: Epistle to the Hebrews (Nashville, TN: Gospel Advocate), 9:282-283.

15 James MacKnight (no date), A New Literal Translation, from the Original Greek of all the Apostolical Epistles (Grand Rapids, MI: Baker), p. 556, emp. added.


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